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Que voir à Séville à pied : de la Giralda à Triana

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Que voir à Séville à pied : de la Giralda à Triana

Séville se marche. Son centre historique est l'un des plus grands d'Europe et, pourtant, presque tout ce qui te dit quelque chose se trouve à moins de trente minutes à pied : de la Giralda aux berges de Triana, il y a un peu plus de deux kilomètres. Dans ce guide, nous traçons un itinéraire logique qui relie la cathédrale, le Real Alcázar, le quartier de Santa Cruz, la Torre del Oro et le pont qui traverse le Guadalquivir. Ce n'est pas une liste éparse de monuments, mais un parcours pensé pour que les distances aient du sens. Et si tu préfères que quelqu'un remette chaque place en contexte, un free tour de Séville est la façon la plus simple de commencer à te repérer.

Le départ : cathédrale, Giralda et Patio de los Naranjos

Le point de départ naturel est la cathédrale de Séville, le plus grand édifice gothique du monde et lieu du tombeau attribué à Christophe Colomb. Son clocher, la Giralda, était le minaret de l'ancienne mosquée almohade : les deux premiers tiers datent du XIIe siècle et le couronnement Renaissance avec le Giraldillo est venu ensuite. On y monte par des rampes, non par des escaliers, car elle fut conçue pour être gravie à cheval, et d'en haut tu as le meilleur panorama du vieux centre.

Avant d'entrer, traverse le Patio de los Naranjos, l'ancienne cour des ablutions de la mosquée, et débouche sur la Plaza del Triunfo, où cohabitent la cathédrale, l'Archivo de Indias et la porte de l'Alcázar. C'est le kilomètre zéro de la Séville monumentale et le meilleur endroit pour te repérer avant de poursuivre.

Le Real Alcázar et le labyrinthe de Santa Cruz

Juste en face se dresse le Real Alcázar, un palais en usage depuis plus de mille ans et qui reste la résidence de la famille royale lorsqu'elle visite la ville. Il mêle le mudéjar du roi Pierre Ier à des ajouts gothiques, Renaissance et romantiques ; ne manque ni le Patio de las Doncellas ni les jardins, apparus dans Game of Thrones sous les traits des jardins de Dorne. Mieux vaut acheter ton billet en ligne à l'avance, car la file au guichet dévore la moitié d'une matinée.

En sortant, perds-toi pour de bon dans le quartier de Santa Cruz, l'ancienne juiverie. Des rues comme Mateos Gago, le Callejón del Agua ou la Plaza de Doña Elvira sont étroites à dessein, pour donner de l'ombre, et débouchent sur des recoins comme la Plaza de Santa Cruz ou l'Hospital de los Venerables. Ici, il est facile de perdre le nord, et c'est justement tout le charme. Chaque coin cache aussi sa légende, et les histoires du quartier valent une promenade à thème à part ; sur cet itinéraire, nous en gardons l'ambiance et poursuivons vers le fleuve.

De l'Arenal au Guadalquivir : Torre del Oro et la Maestranza

Depuis Santa Cruz, tu descends vers le fleuve par les Jardines de Murillo et le quartier de l'Arenal, l'ancien port des Indes. Le repère est la Torre del Oro, une tour albarrane almohade du XIIIe siècle qui faisait partie de la muraille et surveillait le trafic du Guadalquivir. Elle abrite aujourd'hui un petit musée naval et marque le début de la promenade au bord de l'eau.

À quelques mètres, tu as les arènes de la Real Maestranza, parmi les plus anciennes d'Espagne, et l'Hospital de la Caridad, avec des œuvres de Murillo et de Valdés Leal. Ce tronçon du Paseo de Colón est, de plus, le meilleur belvédère vers Triana, sur l'autre rive.

Passer à Triana par le pont d'Isabelle II

Le pont d'Isabelle II, que tout le monde appelle simplement le pont de Triana, est le plus ancien encore debout sur le Guadalquivir dans la ville. En le traversant, tu changes de monde : Triana fut un quartier de potiers, de marins et de cantaores, et il s'en vante encore. À peine arrivé, tu as le Mercado de Triana, bâti sur les vestiges du château de San Jorge, qui fut siège de l'Inquisition.

Marche le long de la calle Pureza jusqu'à la Capilla de los Marineros, foyer de l'Esperanza de Triana, puis descends vers la calle Betis, l'alignement de maisons colorées face au fleuve qui figure sur toutes les photos. Si la céramique t'intéresse, les rues Alfarería et San Jorge conservent des ateliers tenus depuis des générations. Beaucoup de free tours de Séville se terminent par ici, et ce n'est pas un hasard : clore la promenade en regardant le coucher de soleil sur le fleuve depuis Betis est difficile à battre.

Le centre monumental : Sierpes, El Salvador et les Setas

Si, au lieu de traverser le fleuve, tu préfères filer vers le centre, la calle Sierpes et la calle Tetuán sont l'épine dorsale commerçante depuis des siècles, toujours piétonnes et toujours pleines. Elles débouchent sur la Plaza Nueva, dominée par l'hôtel de ville, et à un pas se trouve la Plaza del Salvador, avec l'église collégiale du Salvador, le deuxième plus grand édifice religieux de la ville après la cathédrale.

Un peu plus au nord, sur la Plaza de la Encarnación, t'attend le Metropol Parasol, que les Sévillans appellent les Setas (les champignons). C'est la plus grande structure en bois de ce type au monde et son belvédère ondulé offre une vue différente du vieux centre, davantage de toits et de clochers que de carte postale. En dessous se conservent les vestiges romains de l'Antiquarium.

Plaza de España et la respiration du Parque de María Luisa

Aucune première visite n'est complète sans la Plaza de España, construite pour l'Exposition ibéro-américaine de 1929. Son canal, ses ponts et les bancs d'azulejos dédiés à chaque province espagnole en ont fait le coin le plus photographié de la ville, et elle a aussi servi de décor à Star Wars et à Lawrence d'Arabie. Elle est un peu à l'écart du vieux centre, à environ un quart d'heure à pied de la cathédrale, mais le détour en vaut la peine.

La place s'ouvre sur le Parque de María Luisa, le grand poumon vert de Séville, avec la Plaza de América et ses musées au fond. C'est l'endroit idéal pour finir la journée à l'ombre, surtout si tu visites la ville entre mai et septembre, quand la chaleur oblige à caler la promenade sur les bonnes heures.

Questions fréquentes

Combien de jours faut-il pour voir Séville à pied ?
Pour l'essentiel de cet itinéraire, deux journées complètes conviennent bien : une pour la cathédrale, l'Alcázar et Santa Cruz, et une autre pour l'Arenal, Triana et la Plaza de España. Avec trois jours, tu entres sans stress dans les monuments, qui exigent leur temps de file et de visite. Tout le parcours se fait à pied, car de l'extrême nord au sud du centre historique il n'y a qu'une trentaine de minutes de marche.
Comment fonctionne un free tour de Séville et combien coûte-t-il ?
C'est une visite à pied qui se réserve sans paiement d'avance : à la fin, chacun laisse une contribution au guide, généralement de 15 à 20 € par personne. Elle part le plus souvent des abords de la cathédrale ou de la Plaza Nueva et parcourt une bonne partie de ce que raconte ce guide, avec un guide local qui met chaque place en contexte. Mieux vaut réserver sa place, car les groupes se remplissent, surtout au printemps.
Peut-on entrer gratuitement au Real Alcázar ou à la cathédrale ?
Le Real Alcázar propose souvent un créneau gratuit le lundi, dans la dernière heure avant la fermeture, sur réservation et avec des places limitées. La cathédrale a aussi des horaires d'accès gratuit pour certains cas et pour les visites de culte. Dans les deux, mieux vaut acheter le billet général en ligne pour éviter la file au guichet, considérable en haute saison.
Quelle est la meilleure période pour marcher dans Séville ?
Le printemps, surtout avril et mai, et l'automne sont le mieux pour marcher toute la journée. En juillet et août, le thermomètre dépasse souvent 40 degrés à midi : il vaut mieux se lever tôt, réserver les heures centrales aux intérieurs comme l'Alcázar et reprendre la rue à partir de six heures de l'après-midi. En hiver, le climat est doux et les files bien plus courtes.